Le Centre Pompidou à Metz
French Listening Comprehension
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Transcript of the report on le Centre Pompidou à Metz, which you can read before, while, or after listening to the audio file. Note that this article includes several terms which are more fully explained in the Study Guide section.
| Champs-Élysées, actualité |
| La ville de Metz est située dans le nord-est de la France. Eloignée de trois cents kilomètres de Paris, elle se trouve au sud du Grand Duché de Luxembourg et à quelques dizaines de kilomètres de l'Allemagne. Chef-lieu du département de la Moselle, Metz compte cent vingt-cinq mille habitants. Son maire, Jean-Marie Rausch, tient les rênes de la ville depuis trente-trois ans. Ancien sénateur, ancien ministre, Jean-Marie Rausch peut être fier d'avoir apporté à l'agglomération messine un nouveau centre d'art contemporain comme il en existe encore peu en Europe, que l'on nomme déjà le Centre Pompidou-Metz. À l'intérieur d'un bâtiment dont on connaît depuis peu l'architecture innovante, le public pourra admirer une partie des collections du Centre Pompidou de Paris, situé à Beaubourg. |
| Jean-Louis Baudoux a demandé, pour Champs-Élysées, au maire de Metz quand était né ce projet de création d'un centre d'art contemporain en Lorraine. |
| Jean-Marie Rausch : Il est né déjà il y a au moins cinq ou six ans, voire plus. En 1997, le gouvernement de l'époque voulait fêter avec beaucoup d'allure, si je puis dire, le passage à l'an 2000. Et ils avaient prévu de faire en l'an 2000 un certain nombre de festivités en France ; un Comité pour les fêtes de l'an 2000 avait été créé à Paris par Madame Trautmann,* qui était alors ministre de la Culture, et la présidence de ce comité a été confiée à Monsieur Aillagon,* qui était à l'époque président du Centre Pompidou. Monsieur Aillagon a demandé aux villes qui voulaient participer : Metz a participé. Moi, j'ai envoyé Mademoiselle Raffin à l'époque participer à ces réunions en tant qu'adjoint à la Culture, mais deux ans plus tard, en 1999, Catherine Trautmann, arguant du fait qu'on lui avait coupé des crédits, prétendait qu'on ne pouvait plus faire autant de festivités, qu'il fallait réduire de moitié. Comme il y avait deux projets en Moselle – un à Forbach* avec les mineurs et un à Metz – nous avons retiré le nôtre, estimant que Forbach était de nature à donner une image plus normale de ce que c'était la Moselle d'antan. |
| Et pendant ces travaux, où Mademoiselle Raffin a souvent rencontré Monsieur Aillagon, ils ont bavardé et ils ont évoqué … l'opération que le musée Guggenheim* avait faite avec la ville de Bilbao, une décentralisation de Guggenheim qui avait entraîné un succès assez considérable et une relance de Bilbao qui était une vieille ville industrielle un peu comme Metz. Monsieur Aillagon disait à Mademoiselle Raffin qu'il avait contacté quelques villes françaises pour faire éventuellement une première tentative de décentralisation de Pompidou, mais qu'il n'avait pas connu tellement de succès. Lille avait dit : « Nous avons le musée de Villeneuve-d'Ascq ». Caen, le maire avait dit : « Moi, je vais arrêter et je veux pas léguer à mes successeurs un projet aussi énorme sans les consulter ». Montpellier a dit : « Moi, il faut que l'Etat paie très cher ». Nancy, ils ont dit : « On n'a pas de place en centre-ville ». Et à ce moment-là, Mademoiselle Raffin a dit à Monsieur Aillagon : « Mais Metz serait peut-être intéressée. Venez voir le maire. » |
| Nous avons déjeuné tous les trois, ici, ensemble. Monsieur Aillagon m'a expliqué son projet et j'y ai vu une chance extraordinaire pour Metz, un peu dans l'optique de ce qui s'est fait à Bilbao, de montrer que cette vieille ville industrielle qui était proche de la sidérurgie et des charbonnages, pouvait se transformer, après s'être déjà transformée en très belle ville verte, ville restaurée, ville architecturale, ville mettant en valeur ses monuments … en une ville d'art moderne. J'ai été candidat tout de suite ; j'ai été retenu. Quelque temps après, quand cette candidature était connue, il y a beaucoup d'autres villes qui sont venues en disant : « Ah ! ben, si on avait su, on aurait été candidat aussi ». Mais c'était trop tard. Les pressions que certains exerçaient ont retardé un peu la décision finale qui est donc venue au mois de janvier de cette année. |
| Le maire de Metz a immédiatement lancé un concours international. Cent cinquante-sept architectes ont répondu, parmi les plus grands du monde ; six ont été retenus. Un jury a tranché à la quasi-unanimité au premier tour, et à l'unanimité au second tour a choisi le projet le plus séduisant.* André Nazeyrollas, premier adjoint au maire de Metz, nous dit quels sont les architectes qui ont été retenus. |
| André Nazeyrollas : Alors, les maîtres d'œuvre sont : Shigeru Ban,* qui est un Japonais, Jean de Gastines, qui est son associé sur Paris, et un autre architecte qui est un architecte anglais, qui est Philip Gumuchdjian. |
| Le souhait de la ville de Metz, c'est de voir ouvert au public ce Centre Pompidou en 2007 pour une bonne raison : |
| 2007, c'est le trentième anniversaire du Centre Pompidou de Paris. Voilà. Donc, c'est pour nous l'objectif. C'est un objectif très difficile, parce que des projets de cette importance demandent d'abord un travail en amont, un travail d'étude et de recalage et de mise au point qui est d'une durée au minimum d'un an et ensuite, un, deux ans ou un peu plus … pour la durée des travaux et puis l'installation des … des œuvres dans ce bâtiment. C'est un délai très serré. On va s'efforcer de le tenir, mais notre objectif essentiel, c'est d'aboutir à un bâtiment de grande qualité. Pendant toute la durée de la réalisation de ce projet, il y aura des actions de préfiguration qui seront faites. L'un des anciens bâtiments du site de l'Amphithéâtre servira à faire des expositions, des expositions des maquettes, des expositions de projets, voire dans certains cas des expositions, quelques répliques déjà d'expositions du Centre Pompidou. On va essayer d'entretenir la flamme pendant les quatre ans nécessaires. Même si c'est un événement architectural, c'est d'abord un événement culturel. |
| Patrick Thil, autre adjoint au maire de la Ville de Metz, est très explicite quant à la première que va réaliser sa ville en 2007 dans le domaine de l'art contemporain. |
| Patrick Thil : Metz, c'est la ville qui va accueillir la première décentralisation mondiale du Centre Pompidou : on en parle dans tous les milieux. Moi, je reviens de New York où j'ai revisité le Guggenheim. Eh ben, j'ai rencontré des conservateurs là-bas qui m'ont parlé de cette nouveauté. Parce que seul Guggenheim jusqu'à présent avait fait de la décentralisation : soit à Bilbao, soit à Venise, soit à Berlin. Et là, ils découvrent subitement que le Centre Pompidou fait ça aussi, et que sa première destination, c'est Metz. Donc, ça place un petit peu Metz en matière d'art contemporain pour eux à la pointe, si j'ose dire. |
| Nous sommes en train de construire 2007, année européenne de la Culture, avec le Luxembourg. Nous sommes dans une grande aventure qui précède évidemment l'installation du Centre Pompidou en 2007. 2007, ça sera très important : on verra à la fois le TGV, l'arrivée du Centre Pompidou de Metz. Donc, tout ça va dynamiser notre ville sur le plan culturel et j'espère que ça fera rayonner encore mieux Metz, et si Metz rayonne mieux sur le plan culturel, eh bien, nous serons plus forts économiquement aussi, parce que ça attire des partenaires, ça attire des entreprises. Quand on développe la culture, on a toujours un œil aussi sur les cadrans économiques et on se dit que si ça coûte, il faut que ça rapporte aussi. |
| Jean-Louis Baudoux a assisté à la présentation de la maquette de ce Centre Pompidou de Metz. Pour Champs-Élysées, il a recueilli les explications de l'un des trois architectes retenus pour la réalisation de ce projet : Jean de Gastines. |
| Jean de Gastines : On est en face de la maquette, là, et … on est évidemment très contents d'avoir gagné, d'autant plus que on était extrêmement motivés et on y croyait beaucoup. Et l'idée de travailler avec Shigeru Ban, qui fait donc une architecture qui nous intéresse tous puisqu'elle est innovante, elle est basée sur des recherches expérimentales sur les matériaux, sur les systèmes de construction, était un plaisir supplémentaire. Donc, la philosophie du Centre Pompidou, elle, reste la même, avec cette idée de relation avec l'extérieur, de parvis, puisque le parvis existe toujours. En revanche, elle est traduite dans un contexte qui est différent. |
| Le bâtiment de Pompidou, lui, Paris, est plus monobloc. Ici, on est dans un … une ancienne friche industrielle, donc on a traité la relation avec l'environnement de façon, je dirais, plus végétale et plus ouverte. Cette toiture, par exemple, est une innovation technologique puisqu'il va falloir mettre au point les différents systèmes de … de montage, d'élaboration sur le chantier notamment. Il y a des innovations, je dirais, d'ordre de l'utilisation du bâtiment qui est traité comme un bâtiment extrêmement flexible. Il y a une variété en fait d'espaces qui sont finalement très clairs, puisque le concept est clair. Vous avez trois grands tubes sous une grande toiture. Mais à l'intérieur, la façon de s'y promener et de passer d'une salle à l'autre, de rentrer dans ce grand forum, permet justement d'avoir une qualité qui est au service des œuvres qu'on va exposer. |
| Alors, parlons-en des œuvres qui seront exposées à Metz. Quelles seront-elles ? |
| Patrick Thil : Le Centre Pompidou, en tant que musée d'art moderne, dispose aujourd'hui de plus de cinquante mille œuvres. Il peut en exposer environ entre mille et quinze cents. Et ce qui est souhaité à Metz, c'est d'exposer un certain nombre d'œuvres de manière permanente, mais sur le concept Pompidou qui est qu'en fin de compte, la présentation permanente des œuvres n'est pas permanente, si j'ose ce paradoxe. Autant dans le cadre de Guggenheim ou de n'importe quel musée d'art moderne comme celui de Lille ou de Strasbourg qui vient de s'ouvrir, les œuvres sont achetées et restent sur les cimaises, en ce qui concerne Metz, nous avons la garantie d'une relance de l'intérêt, je dirais, tous les dix-huit mois ou tous les vingt-quatre mois, puisque ça sera à peu près la durée d'exposition des collections permanentes. |
| Alors, ensuite, il y a l'intérêt des collections, je dirais plutôt des expositions temporaires, qui débuteraient à Metz pour ensuite aller à Paris. Ou alors, autre concept sur lequel on pourra travailler : ce qu'on appelle les expositions miroirs, c'est-à-dire que sur un même concept et en même temps, vous ayez des expositions temporaires à Paris et à Metz qui vous incitent à continuer la visite dans l'autre lieu. Ce qui intéresse beaucoup les conservateurs du Centre Pompidou, c'est que Metz va être construit sur des bases techniques, hein – là on fait référence à nouveau à l'architecte –, sur des contraintes techniques que nous avons mises dans le cahier des charges sur la base de ce qu'il faut faire comme expositions, et qu'ils sont très heureux de pouvoir exposer à Metz, des œuvres qui ne pourront jamais être exposées à Paris. Je songe par exemple au rideau de scène de Picasso. Bon, ben voilà un ensemble qui est extrêmement grand, qui est très haut et pour lequel nous avons demandé aux architectes de tenir compte, par exemple, de ce type de grandes œuvres à exposer, qui aujourd'hui ne peuvent pas trouver leur place dans le très beau Centre Pompidou de Piano et de Rogers, parce que à l'époque on n'a pas pensé en terme de taille. |
| Le jury a été d'un excellent niveau. Sir Richard était là, donc Rogers, l'un des co-architectes du Centre Pompidou de Paris, et qui m'a dit quelque chose qui m'a fait bien plaisir. Il m'a dit qu'il avait participé à de nombreux jurys sous Mitterrand – qui a quand même été un grand bâtisseur, hein – et il m'a dit que jamais il n'avait eu la qualité des travaux de Metz. Et je suis ravi finalement que le projet choisi soit une synthèse, parce que ces grands tuyaux, si j'ose dire, ces trois tubes à profil rectangulaire, rappellent tout à fait l'idéalisation du tube dans le Centre Pompidou de Paris, mais … mais d'une manière aujourd'hui infiniment élégante. Ces trois grandes salles qui débouchent sur la lumière naturelle et sur la ville est [sic] un projet magnifique. Sa ligne droite rappelle le classique et le grand chapeau du dessus qui est complètement inspiré de l'Orient, lui, rappelle le baroque. Ça relie le Centre Pompidou, l'histoire de la Ville de Metz, l'histoire de l'architecture mondiale, et puis le fait qu'il y ait un peu d'Orient dans tout ça ne prouve qu'après tout, que Metz est à l'orient de la France. |
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| Le Centre Pompidou à Metz French Listening Comprehension Exercise |
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