Nicolas Sarkozy for President
French Listening Comprehension
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Transcript of the report on Nicolas Sarkozy for President, which you can read before, while, or after listening to the audio file.
| Champs-Élysées, politique. |
| Sauf très improbable coup de théâtre, en janvier 2007, l'actuel ministre français de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, sera désigné officiellement candidat à l'élection présidentielle par les militants de l'UMP.* Il deviendra ainsi le principal candidat de droite avec – selon les sondages de ces dernières semaines – une forte tendance à l'emporter. Dans ce cas, Bernard Poirette, les Français placeraient à l'Élysée un président très proaméricain. |
| Absolument, et le moins que l'on puisse dire, c'est que cela représenterait un changement depuis le début de la Cinquième République,* en 1958. Voilà un bon demi-siècle que les Français entretiennent vis-à-vis des Américains une étrange relation d'amour et de fascination, mâtinée de méfiance et de rejet. Et ce, jusqu'au plus haut niveau de l'État. En 1966, De Gaulle demandait aux Etats-Unis d'évacuer leurs soldats de leurs bases en France.* En 2003, pour s'opposer à la guerre d'Irak, Paris a menacé de faire jouer son droit de veto au Conseil de Sécurité des Nations Unies. Entre ces deux dates, Pompidou, Giscard et Mitterrand – sans s'opposer de front à Washington – ont toujours cherché à ne pas s'aligner systématiquement sur les positions américaines, au contraire par exemple des Britanniques. |
| Avec Nicolas Sarkozy à la présidence, les choses seraient sans doute différentes. Car, très clairement, Monsieur Sarkozy aime et admire l'Amérique. Il aime, dit-il, « son énergie et sa fluidité », ce sentiment que là-bas tout est possible. Pour le cinquième anniversaire du 11 septembre, ses propos à New York étaient sans aucune ambiguïté. |
Nicolas Sarkozy : Je voudrais rappeler que nous n'avons jamais été en guerre avec les États-Unis, que ce sont des amis, que nous partageons nombre de valeurs, que ce sont des alliés. Ça ne veut pas dire que nous sommes des ralliés.* Je n'ai pas de modèle. Mais enfin, écoutez, essayons d'être raisonnables. Voilà un pays qui depuis quinze ans connaît le plein emploi. On ne peut pas le leur reprocher. Voilà un pays qui connaît à la fois la stabilité et l'alternance sans qu'il y ait de problèmes. Voilà un pays où la moitié des Prix Nobel sont issus de l'immigration. Ça devrait quand même nous faire réfléchir à ce qu'on peut faire. |
| Alors, le modèle américain a par ailleurs bien des faiblesses, sur le plan social et sur le plan d'un certain nombre de particularismes.* Bon, mais on peut dire qu'on est les amis des Américains sans vouloir les copier en tout. Il s'agit simplement d'ouvrir les yeux sur la réalité du monde et d'essayer de regarder ce que les autres font mieux que nous, peut-être pour s'en inspirer. Et puis quand ils font des choses moins bien, on ne s'en inspire pas. |
| Et pendant ce séjour,* Nicolas Sarkozy a tout fait pour être reçu par le président Bush et il a eu gain de cause. C'est assez exceptionnel pour être noté. Car le locataire de la Maison Blanche ne reçoit jamais, en tête à tête, une demi-heure, un simple ministre étranger. C'est la preuve que Monsieur Sarkozy est aujourd'hui le seul présidentiable français « américano compatible ». Et l'un de ses conseillers diplomatiques précise : « George W. Bush n'est pas moins fréquentable que Poutine ou un leader chinois. Et ça n'est pas parce que Sarkozy a parlé avec lui qu'il s'est aligné sur ses positions. » |
| De fait, sur bien des sujets comme la défense de l'environnement ou l'éventuelle entrée de la Turquie en Europe,* les deux hommes ne sont pas du tout sur la même longueur d'ondes. Et puis, Monsieur Sarkozy ne manque pas de rappeler qu'il n'aime pas « ce socle social minimum qui ne permet pas à des millions d'Américains de vivre décemment ». Il n'aime pas non plus « ce désintérêt au reste du monde que manifestent les Américains, tout en voulant réglementer la planète ». |
| N'empêche qu'à la Maison Blanche, Sarkozy venait chercher une stature internationale et il l'a trouvée. Et qu'importent les critiques. Le socialiste Laurent Fabius par exemple n'a pas hésité à parler de « Sarkozy, le caniche de Bush ». Le président de l'UMP se veut, lui, pragmatique. Il rappelle que « la France est le deuxième investisseur aux États-Unis, à hauteur de cent cinquante milliards de dollars par an. Trois mille sociétés françaises sont installées là-bas et emploient six cent mille Américains. Et chaque jour, un milliard de dollars s'échangent entre les deux pays ». |
| Tout ne serait donc qu'une affaire de gros sous ? Aucunement. Sur au moins quatre grands thèmes politiques qui animent le débat en France, Nicolas Sarkozy est plus qu'en phase avec l'exemple américain. La sécurité publique, tout d'abord. Sarkozy prône, comme presque partout aux Etats-Unis, « la tolérance zéro » et la théorie des « fenêtres cassées ». Entendez : sanction exemplaire dès le premier délit, même léger, et réparation des dégâts mineurs pour ne pas donner l'image du renoncement et favoriser ainsi l'installation d'une délinquance plus dure. |
| Sur les flux migratoires,
le ministre de l'Intérieur se bat depuis
des années pour une immigration choisie* avec des quotas annuels et
catégoriels, un principe appliqué dès 1921 aux Etats-Unis avant d'être
aujourd'hui abandonné. En ce qui concerne les minorités, le président de
l'UMP est clairement pour la
discrimination positive, un système qui a permis dans les années |
| Quant à l'éducation, Monsieur Sarkozy – là aussi sur la ligne américaine – prône le libre choix total de l'établissement par les parents d'élèves et aussi une part de rémunération au mérite pour les professeurs, comme en Floride par exemple. D'autres sujets d'admiration encore : « La démocratie américaine fonctionne bien, dit Monsieur Sarkozy. Le Congrès a un vrai pouvoir de contrôle sur la politique de la Maison Blanche. Et à peine quinze ministres pour faire tourner un pays de trois cent millions d'habitants, n'est-ce pas la preuve d'une formidable vitalité ? » |
| Voilà. C'était le plaidoyer de Sarkozy l'Américain. Mais s'il est élu président, le plus dur sera devant lui : passer de la théorie à la pratique dans ce vieux pays réfractaire qu'est désormais la France. |
*Additional information can be found in the study guide.
| Nicolas Sarkozy for President French Listening Comprehension Exercise |
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originally published in Champs-Élysées audiomagazine (read my review) and were published here with the permission of Champs-Elysées, Inc. |
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